Lettre à Mesdames et Messieurs les Maires des communes de l’Ouest lyonnais pour l’accueil d’une famille de migrants de l’est…lyonnais

Mesdames, Messieurs les Maires,

Vous avez exprimé ces derniers jours votre volonté d‘accueillir dans votre ville des migrants de l’est. Je ne peux que saluer votre courage politique. Cette belle initiative va vous permettre d’accueillir dans votre ville des français oubliés qui vivent, au péril de leur vie, la misère, le chômage, le harcèlement, l’insécurité. Compte-tenu du drame humanitaire auquel le pays se trouve confronté, cette décision s’inscrit dans la tradition française, et je veux vous en remercier. D’autant que, dans son histoire récente, la France n’a pas toujours accordé l’asile à ses concitoyens. Il suffit de se rappeler l’accueil réservé aux 700.000 pieds-noirs en 1962 lorsqu’ils gagnèrent la Métropole au cri de « Pieds-noirs, rentrez chez vous » ou « les pieds-noirs à la mer » encouragés par les déclarations de Gaston Defferre, maire socialiste de Marseille « Que les pieds-noirs aillent se réadapter ailleurs ».

Aussi, à la veille de cette semaine de l’intégration, du 12 au 16 octobre, qui sera l’occasion d’actions exemplaires, je vous invite à faire dans vos communes de l’ouest lyonnais le meilleur accueil à une famille de migrants de l’est … lyonnais. Anouchka et ses trois filles de 9, 16 ans et 18 ans.

Logées dans un studio d’urgence d’une commune de l’est lyonnais depuis mars 2015, suite à une séparation et des violences conjugales, cette femme et deux de ses filles (la plus âgée attend, chez son père, de pouvoir rejoindre sa mère et ses deux soeurs) logent depuis 7 mois dans un logement de fortune de 15 m2 avec pour seuls meubles deux matelas, une table, un frigidaire et un réchaud. La moisissure est leur seul compagnon et sans chauffage, les nuits deviennent fraîches.

Sans garant, Anouchka ne peut pas bénéficier d’un logement locatif privé malgré des aides lui assurant des revenus suffisants et ses nombreuses demandes de logement locatif social depuis mars dernier sont restées à ce jour sans réponse. Tout le monde se renvoie la balle. Pendant ce temps, Anouchka, suite à un accident du travail, ne peut pas bénéficier du lit médicalisé qui lui est prescrit et les deux jeunes filles vivent une expérience de jeunesse qui ne grandit pas l’image de la France.

Je souhaite que le cas de cette famille isolée, abandonnée, méprisée par les services sociaux (cas hélas loin d’être unique sur notre territoire) attire toute votre attention en espérant que son seul tort d’être juste française ne soit pas rédhibitoire dans la gestion de vos dossiers.

Je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs les Maires, l’expression de mes respectueuses salutations.

Muriel COATIVY,

Secrétaire départementale adjointe de la fédération Front national du Rhône

Conseillère municipale Sainte-Foy-lès-Lyon